
L’assemblée générale du GIEE (Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental) Prairies DOR s’est tenue le 28 mars dernier à Port-sur-Saône, pour dresser le bilan d’une année riche en actions et adopter de nouveaux statuts : le conseil d’administration s’étoffe, pour accompagner la montée en puissance de l’association.
Créé il y a dix ans, le collectif d’agriculteurs fédéré par le GIEE Prairies DOR (acronyme des rivières Durgeon, Ognon et Romaine) œuvre pour la préservation des prairies, des haies et de l’élevage, tout en accompagnant ses adhérents dans la transition agroécologique. Sous la présidence d’Yves Etignard, le GIEE a enchaîné les projets en 2024. Dès janvier, le dépôt du PAEC (Projet Agro-Environnemental et Climatique) a permis de proposer aux adhérents un catalogue de sept mesures agroenvironnementales répondant aux enjeux et aux problématiques du territoire. Une demande de subvention pour l’animation du PAEC a suivi en février, tandis que mars a été marqué par des négociations avec Suez concernant la compensation agricole liée à l’extension du site d’enfouissement de Vaivre.
Quatorze nouveaux adhérents
Entre mars et mai, quatorze nouveaux adhérents ont rejoint les MAEC (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques), renforçant ainsi l’engagement du collectif. Une formation sur le pâturage tournant dynamique, animée par Matthieu Bessières en avril, a rencontré un vif succès. L’été a été consacré à l’accompagnement des agriculteurs dans leurs déclarations PAC et à la prospection de terrains pour Suez.
L’automne a vu la concrétisation de plusieurs chantiers, dont des travaux d’ouverture de milieux validés par l’OFB (Office Français de la Biodiversité) et la DDT (Direction Départementale des Territoires). Le GIEE a également monté des dossiers de subvention dans le cadre du Pacte Haie et organisé une journée technique sur les ‘’crédits carbone’’ en partenariat avec la chambre régionale d’agriculture et la DRAAF.
Un budget prévisionnel sous tension
David Hummel, en charge des finances, a présenté un budget 2025 prudent, marqué par des incertitudes sur les subventions. Si les dépenses fixes (salaires, déplacements, formations) sont maintenues, l’association doit composer avec des retards de versements, notamment 12 000 € encore en suspens. Les cotisations restent donc un levier essentiel, fixées à 1,5 € par hectare de SAU (Surface Agricole Utile) et à 100 € forfaitaires pour les petits propriétaires forestiers.
Julien Dalvai, animateur du GIEE, a souligné l’évolution rapide des missions et du volume d’activité du groupement, nécessitant un Conseil d’Administration réactif et représentatif. Une AG extraordinaire a validé à l’unanimité une mise à jour des statuts, élargissant le nombre d’administrateurs élus. La liste des 17 candidats a été approuvée.
Un anniversaire en 2025
Le PAEC 2025, déposé en janvier, a été accepté à 99 % par la CRARC (Commission Régionale Agro-Environnementale et Climatique), avec une enveloppe de 390 000 € sur cinq ans. Les plantations prévues pour l’automne-hiver 2024-2025 concerneront notamment des haies fruitières et des projets d’agroforesterie. Le GIEE poursuit aussi son partenariat avec Suez autour du site de Vaivre, où il intervient comme opérateur pour identifier des parcelles à revaloriser. Un projet de chantiers collectif pour ôter les embâcles sur le Durgeon et ses affluents est également à l’étude, visant à rajeunir la ripisylve tout en préservant la biodiversité.
Enfin, le dixième anniversaire des GIEE sera célébré cette année au niveau national. Prairie DOR a été choisi pour représenter la Haute-Saône et organisera donc le 23 septembre 2025 une journée dédiée à cet évènement. L’occasion de mettre en lumière les avancées du collectif, comme les essais sur la régénération des prairies permanentes ou l’expérimentation de plaquettes de laine comme paillage.
Le GIEE est aussi un lieu d’échange, comme l’a illustré une question portant sur le choix des essences forestières adaptées au changement climatique. Julien Dalvai a rappelé que le GIEE privilégie les essences locales, tout en explorant l’introduction de génétiques méridionales résistantes aux sécheresses. Yves Etignard a insisté sur l’importance d’anticiper des épisodes de chaleur plus longs et fréquents.
Le GIEE Prairies DOR en chiffres
- 76 fermes (120 chefs d’exploitation)
- 12 000 ha de SAU, dont 7 500 ha de prairies permanentes
- 6 000 bovins, 3 600 ovins, 9 000 poulets, 3 000 vaches laitières (21 millions de litres de lait/an)
- 5 000 ha de prairies permanentes, 46 km de haies, 300 ha de zones humides, 300 ha de fauche retardée contractualisés en MAEC
Contact : contactgieeprairiesdor@gmail.com - Plus d’infos : chaîne Youtube du GIEE Prairies DOR