A l’occasion de son assemblée générale, BIO Bourgogne-Franche-Comté a réuni une centaine de participants. Au cœur des échanges : l’avenir de l’agriculture biologique.
Pour la troisième année consécutive, les surfaces en agriculture biologique en région baissent. Les nouvelles conversions en agriculture biologique ne compensent pas les arrêts de certification : 262 fermes décertifiées en 4 ans pour environ 18 000 ha retournés en conventionnel. Tel est le constat dressé lors de l’assemblée générale de Bio Bourgogne-Franche-Comté qui s’est tenue le 28 mars dernier à Champvans, dans le Jura.
« L’État, par son désengagement (arrêt des aides au maintien, plan d’urgence insuffisant, baisse des crédits pour la communication et la structuration des filières…), n’a pas su pallier la crise des filières bio liée à la baisse de la consommation », soulignent les administrateurs de Bio BFC.
A une échelle régionale et locale, l’association BIO BFC peut compter sur le soutien de ses partenaires financiers et déployer un grand nombre d’actions au service des producteurs jusqu’aux consommateurs. Les missions de BIO BFC s’inscrivent en complémentarité de celles des chambres d’agriculture : Laurence Henriot, présidente de Bio BFC, et Gérald Pichot, élu de la chambre régionale, ont profité de cette assemblée générale pour signer un accord de partenariat en présence de Christian Morel, vice-président à la région.
Sans volonté politique, pas d’évolution
La table ronde de l’après-midi a réuni des représentants des consommateurs (Que choisir ensemble ?), des magasins bio spécialisés (BIOCOOP), des organisations économiques de producteurs 100% bio (FOREBIO), des collectivités (Communauté d’Agglomération de Beaune Côte et Sud) et du réseau bio (BIO BFC) pour échanger sur l’avenir de l’agriculture biologique.
La nécessité d’un engagement politique fort a été un point central. Comme l’a rappelé Christian Baqué (BIOBFC), « sans volonté politique, il n’y aura pas d’évolution ». Gérard Roy (Communauté d’Agglomération Beaune Côte et Sud) a même évoqué le risque d’un retour de bâton des citoyens envers les élus : « Un jour, les gens pourraient se retourner vers eux en les accusant de n’avoir rien fait ». Julien Bourgeois (COCEBi) a complété ce constat en regrettant « un déficit d’action publique depuis 2 à 3 ans ».
Le bio doit rester exigeant
Pourtant, Julien Bourgeois reste optimiste : « Le devenir de la bio, j’y crois, notre modèle, il fonctionne ». Pour lui, la bio n’est pas une option, mais une obligation environnementale : « Nous n’aurons pas d’autre alternative pour l’environnement que la bio ». Il défend aussi une vision exigeante : « Ce n’est pas en abaissant les valeurs de la bio qu’on va la démocratiser, la bio doit tirera son épingle du jeu par son exigence ».
Côté santé et transmission, Laurence Henriot (BIOBFC) a souligné deux priorités. D’abord, « bien se nourrir fait aussi partie de la guérison », rappelant le lien indissociable entre alimentation bio et bien-être. Ensuite, elle a alerté sur « le non-renouvellement des agriculteurs, plus de 50 % vont partir à la retraite », un défi majeur pour la pérennité de la filière. Sans oublier l’enjeu de ne pas perdre les terres qui ont été converties en bio.
50% des ventes en GMS
Enfin, Clément Gernot (BIOCOOP) a recentré le débat sur la distribution. « La GMS et les magasins spécialisés ne font pas le même métier », a-t-il précisé, avant d’ajouter que « la GMS vend la bio en France » », la grande distribution captant plus de la moitié des ventes, et qu’elle a donc « un rôle prépondérant à jouer pour que la consommation bio se développe ».
Un modèle de souveraineté alimentaire
Dans un futur proche qui devra s’adapter à un manque de disponibilité des engrais et des matières premières d’origine agricoles, les participants souhaitent que l’agriculture biologique devienne un modèle de souveraineté alimentaire et se généralise, en restant accessible à tous. Des faits sont encourageants : un objectif de 21 % de SAU bio est inscrit dans la Loi d’Orientation Agricole, la consommation de produits bio repart à la hausse, de nombreuses collectivités territoriales s’appuient sur la Loi Egalim pour augmenter la part de produits bio en restauration collective. « Si le rôle de la grande distribution semble déterminant, placer l’alimentation au cœur des enjeux de santé et de préservation de l’environnement ne se fera pas sans une réorientation massive de l’action publique vers le mode de production biologique », concluent les participants, en appelant à la responsabilité des élus.



