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Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL : « La souveraineté alimentaire ne doit pas rester un slogan ! »

Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL, sera en Haute-Saône à l'occasion de l'AG de la FDSEA et de la FDPL.
Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL, sera en Haute-Saône à l'occasion de l'AG de la FDSEA et de la FDPL.

Éleveur de montbéliardes dans la Loire, et Secrétaire Général de la FNPL, Stéphane Joandel sera le 17 mars prochain à Noroy-le-Bourg à l'occasion des assemblées générales de la FDSEA et de la FDPL. Président de la coopérative laitière des Monts du Forez et également administrateur du Cniel (interprofession laitière), il développera son analyse du contexte national et international de la production laitière, des perspectives, mais aussi du projet porté par le syndicalisme.

Polyculteur-éleveur en exploitation individuelle dans la Loire, à 1 000 mètres d’altitude, avec un salarié, Stéphane Joandel produit du lait destiné à la fabrication de Fourme de Montbrison AOP, avec un troupeau de race montbéliarde. Président de sa coopérative laitière des Monts du Forez, il exerce aussi différentes responsabilités professionnelles au niveau syndical : il est notamment depuis 2024 Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers.

2025 a vu un rebond de la production laitière en France, tiré par un prix payé aux producteurs élevés, mais depuis quelques mois la situation se dégrade…

Stéphane Joandel : « Il ne faut pas oublier de préciser que si la production a progressé, en France comme en Europe et dans tous les grands bassins laitiers du Monde, en s’appuyant principalement sur la hausse de productivité et les gains de compétitivité, la consommation continue également de progresser, de l’ordre de 2 % par an. Sur le marché intérieur, nous n’avons pas autant bénéficié de la hausse des cours que nos collègues d’Europe du Nord, et ce que nous revendiquons aujourd’hui, c’est que la Loi Egalim joue pleinement son rôle d’amortisseur, avec un prix du lait bâti à partir de nos coûts de production. Et cela passera par la mention d’origine France dans les produits laitiers, avec un logo " ; Lait collecté et transformé en France " ; : c’est la condition indispensable de la transparence dans la filière laitière pour détailler le mécanisme de la formation du prix. Lactalis ne veut pas en entendre parler, évidemment…

En parallèle, vous poursuivez le combat pour la simplification administrative  ?

Oui, nous militons pour que les agriculteurs qui veulent relever le défi de la production, comme l’ont relevé avant nous nos parents et nos grands-parents, n’aient pas de boulets au pied. Je pense notamment au " ; principe de non-régression " ;, inscrit dans la loi Biodiversité, qui est désormais systématiquement utilisé comme prétexte et mis à toutes les sauces pour empêcher d’aboutir tous les projets agricoles, d’extension de bâtiments, de création d’atelier, ou de stockage de l’eau. Il faut que le politique reprenne la main pour faire appliquer les décisions, et ne laisse pas les manettes à un certain nombre de militants, qui instrumentalisent l’administration pour faire de l’obstruction… Ce qui au final affaiblit notre agriculture, notre souveraineté alimentaire, et va aboutir à l’effet inverse de celui recherché, avec la déprise de l’élevage sur le territoire. A ce sujet, et dans le contexte des élections municipales 2026, nous avons adressé directement un manifeste aux candidats pour mettre en avant le rôle des communes et les leviers concrets dont elles disposent pour maintenir demain une production laitière forte, résiliente et ancrée localement.

A mardi, donc à Noroy-le-Bourg  !