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Les Services de remplacement face à la pression du terrain

Pierre Villard, président des SR de Saône-et-Loire. Crédit photo : SR71
Pierre Villard, président des SR de Saône-et-Loire. Crédit photo : SR71

À l’approche du 10ᵉ Congrès des Services de Remplacement France, qui se tiendra les 19, 20 et 21 mai à la Saline royale d'Arc-et-Senans (Doubs), la question du rôle et des enjeux du dispositif revient au cœur des débats agricoles. Entre tension sur le recrutement et demande croissante des exploitations, Pierre Villard, président des SR de Saône-et-Loire, revient sur les besoins en main-d’œuvre et les Services de remplacement, qui apparaissent plus que jamais comme un outil essentiel.

Quel est aujourd’hui le rôle des Services de remplacement ?

Pierre Villard : Les Services de remplacement permettent aux agriculteurs de se faire remplacer sur leur exploitation lorsqu’ils sont empêchés, que ce soit pour des raisons de santé, des congés, une formation ou encore un mandat professionnel. L’objectif, c’est d’assurer la continuité de l’activité. On est là pour éviter qu’une exploitation se retrouve en difficulté parce que l’agriculteur ne peut pas être présent.

On parle encore d’un dispositif mal connu…

P.V. : Oui, il reste encore insuffisamment connu. Pourtant, c’est un outil important. Il permet aussi aux agriculteurs de souffler, de prendre du recul, ce qui est essentiel aujourd’hui. On voit bien que la question de la qualité de vie devient centrale dans le métier.

Une demande en hausse, des bras qui manquent

Comment se porte le réseau SR aujourd’hui ?

P.V. : On est dans une situation tendue. La demande est forte, notamment à certaines périodes, mais en face, on manque de main-d’œuvre. Comme beaucoup de structures, on est confrontés à des difficultés de recrutement.

Ces difficultés sont-elles nouvelles ?

P.V. : Elles se sont accentuées ces dernières années. On observe une augmentation des besoins, avec le renouvellement des générations, des exploitations qui évoluent, et aussi une prise de conscience : les agriculteurs veulent pouvoir s’absenter, se former, prendre du temps. Mais en parallèle, recruter devient de plus en plus compliqué.

Recruter autrement pour répondre aux besoins

Quelles sont alors les pistes pour améliorer la situation ?

P.V. : Il y a plusieurs leviers. D’abord, mieux faire connaître les métiers agricole et viticoles, ce que nous faisons en nous rendant dans les lycées ou sur des forums. Ensuite, travailler sur l’attractivité, que ce soit les conditions de travail, la formation ou l’accompagnement. Et puis, il faut renforcer les partenariats avec les structures agricoles et les organismes de formation.

Quels profils recherchez-vous ?

P.V. : On a besoin de personnes polyvalentes, capables de s’adapter à différents types d’exploitations. L’autonomie est importante, tout comme le sens des responsabilités. Ce sont des postes qui demandent de l’engagement.

« Ne pas rester seul face aux difficultés »

Est-ce intéressant pour les agriculteurs ?

P.V. : Il ne faut pas hésiter à faire appel aux Services de remplacement. C’est un outil important pour préserver la santé, la qualité de vie et la pérennité des exploitations. Il ne faut pas rester seul face aux difficultés.

Nos dispositifs portés par différents partenaires, comme les collectivités départementales ou encore des acteurs comme Groupama, dont les subventions permettent d’abaisser le coût du remplacement pour l’agriculteur et ainsi faciliter le recours aux services de remplacement.

Les SR en quelques chiffres (données 2024)

  • Une couverture de tout le territoire de BFC :  41 Services de Remplacement (dont 2 fédérations départementales et 5 services départementaux.)
  • 6 287 adhérents dont 3 874 utilisateurs.
  • 412 467 heures de remplacement tous motifs confondus (+0,3% en 2024), ce chiffre est le plus élevé des 7 dernières années. 
  • Les SR emploient 1 579 personnes pour le métier d’agents de remplacement. Cela correspond à 253 équivalents temps plein dont 135 disposants d’un emploi permanent (à temps complet, partiel ou intermittent) en milieu rural sur tout le territoire de la région Bourgogne Franche-Comté. Ce chiffre était de 121 en 2023.
  • Des équipes administratives dans chaque département afin d’assurer la bonne mise en place des remplacements, le suivi des missions et la gestion des ressources humaines.