Les Services de Remplacement ont tenu, de mardi à jeudi, leur 10e congrès national à la Saline Royale d'Arc-et-Senans. 220 congressistes, élus, collaborateurs et agents de remplacement venus de toute la France ont échangé autour d'un enjeu majeur : faire de l'accueil des adhérents un levier d'amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail des agents de remplacement.
QVCT ! Comprenez par-là Qualité de Vie et Conditions de Travail. Un projet porté par SR France, en partenariat avec l'ANACT (Agence Nationale d'Amélioration des Conditions de Travail), visant à structurer et améliorer les pratiques en matière d'accueil et d'accompagnement des agents de remplacement au sein des exploitations adhérentes.
« Depuis notre précédent congrès, il y a deux ans, consacré à la QVCT, nous avons franchi une étape importante. Nous sommes passés d'une phase de sensibilisation à une dynamique d'action. Grâce à l'engagement des membres du réseau, de nombreux travaux ont été conduits autour de sujets essentiels comme le genre, les violences sexistes et sexuelles au travail ou encore les situations de remplacement dégradées, génératrices de charge mentale pour l'ensemble des acteurs » indiquait Corentin Lochon, président de SR France.
S'appuyant sur une large mobilisation du réseau, ce projet a réuni des agents, des adhérents et des collaborateurs administratifs issus de l'ensemble du territoire. Il a permis de construire un diagnostic partagé et d'identifier des axes d'amélioration prioritaires. Les réflexions menées ont conduit à l'élaboration de solutions opérationnelles adaptées aux situations rencontrées, tant en contexte d'urgence que de non-urgence.
Et les toilettes, on en parle ?
« Je prends un exemple » soufflait Catherine Faivre-Pierret, agricultrice à Villers-le-Lac, lors d'une table-ronde. « Une inséminatrice m'a glissé qu'il était agréable de venir sur mon exploitation… car il y avait des toilettes ! Sinon, comment fait-elle ? Elle s'arrête dans les bois ? J'ai aussi une autre remarque sur les équipements de protection individuelle avec un stagiaire qui mesurait plus de 2 mètres et chaussait du 52 ! »
Ce congrès a surtout marqué une nouvelle étape : celle de l'appropriation collective et de sa mise en œuvre concrète. Pas vraiment un hasard. « Nous avons fait le choix d'aborder la qualité de vie et des conditions de travail par un prisme central et structurant : la relation avec l'adhérent. Car cette relation, dès le premier contact et tout au long du parcours d'adhésion, influence directement les conditions d'exercice des agents de remplacement, mais aussi celles des collaborateurs administratifs et des élus » poursuivait Laurent Ducray, président du Service de remplacement Bourgogne Franche-Comté.
À travers une approche innovante fondée sur un jeu, les congressistes étaient invités à expérimenter, observer, analyser et enrichir leurs pratiques. Avec un objectif clair : permettre à chacun de prendre conscience de son rôle et de sa responsabilité dans la construction d'un environnement de travail plus respectueux, plus équilibré et plus durable.
De la blague entre complices… au calendrier !
« Est-ce qu'une blague sexiste juste entre deux personnes complices est répréhensible ? » interrogeait un congressiste. La justice répond par l'affirmative en développant la notion de « harcèlement d'ambiance ! Car cet échange peut être capté par un témoin chez qui cela peut réveiller un passé douloureux ! » soulignait une spécialiste. Un harcèlement d'ambiance qui peut aussi prendre la forme d'un calendrier avec des photos de mannequins en tenue légère, voire dans le plus simple appareil !
« Ce congrès était aussi l'occasion de valoriser le chemin parcouru, de partager des outils concrets issus du terrain et de renforcer notre ambition collective : faire vivre les valeurs du Service de Remplacement pour engager un cercle vertueux d'amélioration continue de nos services. Parce que la qualité de vie au travail ne se décrète pas, mais se construit collectivement, nous sommes convaincus que c'est en agissant sur la relation avec nos adhérents que nous pourrons durablement améliorer les conditions de travail de tous » concluait Corentin Lochon, président du SR France.
Mon service de remplacement, une application née en BFC
Un congrès où l'on a beaucoup parlé des conditions d'accueil et de travail des agents ! Avec mercredi en fin de journée une déclinaison opérationnelle concrète : l'application mobile "Mon service de remplacement" ! Derrière cet outil, on pourrait imaginer en back office une usine à gaz montée à l'autre bout de la planète. Que nenni ! L'appli a vu le jour en Bourgogne Franche-Comté grâce à l'engagement d'adhérents motivés pour "upgrader" la prise de consignes à distance et faciliter les remplacements d'urgence. À cette occasion, un partenariat avec les MSA de Bourgogne et de Franche-Comté a vu le jour pour accompagner son financement.
« Nous avons travaillé avec un opérateur local au moment de la période Covid. Après une phase de tests, nous avons pu lancer l'outil… qui peut être aujourd'hui repris partout en France » soulignent Laurent Ducray, président des SR BFC et Mickaël Paris, président du SR 25.
Une application qui s'avère gagnant-gagnant ! En tant qu'adhérent, vous sécurisez le fonctionnement de votre exploitation : faire ses demandes, préparer votre remplacement, transmettre clairement vos tâches, valider et signer vos feuilles de temps…
Côté agent, vous recevez rapidement les informations de vos missions, afficher votre planning de la semaine visualiser vos tâches et horaires, renseigner et signer votre feuille de temps…
Deux vidéos sont venues illustrer le fonctionnement de l'application. Et de l'avis des utilisateurs, l'essayer, c'est l'adopter !



