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Valoriser la ressource locale, de la forêt à la scierie

La visite de la Scierie moderne du Val de Saône, à Clans, a intéressé une vingtaine de propriétaires forestiers du secteur. Crédit photo : AC
La visite de la Scierie moderne du Val de Saône, à Clans, a intéressé une vingtaine de propriétaires forestiers du secteur. Crédit photo : AC

Le 20 mars dernier, à Clans (Haute-Saône), le Centre national de la propriété forestière (CNPF) de Bourgogne–Franche-Comté et la Chambre d’agriculture 70 proposaient une immersion concrète dans la valorisation locale du bois, avec la visite de la Scierie moderne du Val de Saône (SMVS). Une initiative tournée vers les propriétaires forestiers, pour illustrer les débouchés de proximité.

« Nous avons voulu mettre en valeur un outil local et deux jeunes entrepreneurs qui transforment les bois de la région », explique Cécile Mataillet, technicienne au CNPF. Une vingtaine de participants ont ainsi découvert cette PME familiale reprise il y a trois ans par les frères Benjamin et Stéphane Guerre. Le CNPF, rappelle-t-elle, « accompagne les propriétaires de la plantation jusqu’à la coupe, avec un rôle de conseil et d’appui technique en délégation de l’État ».

La filière régionale compte 186 scieries en Bourgogne–Franche-Comté, dont 60 spécialisées dans les feuillus. La Haute-Saône en recense 27, aux côtés de 53 dans le Doubs et 24 dans le Jura. À cela s’ajoutent neuf scieries mobiles sur le territoire, dont une dans le département.

Sur le site de Clans, l’activité repose majoritairement sur le sciage de résineux. « Nous achetons principalement nos bois sous forme de grumes stockées en bord de route », expliquent les dirigeants. Douglas, épicéa, pin ou sapin constituent l’essentiel des volumes, transformés en poutres, planches ou encore bastaings. La scierie traite entre 8 000 et 8 500 m³ par an, soit environ un camion de bois chaque jour. « Près de 70 % des approvisionnements proviennent du Haut-Doubs, le reste notamment du Morvan. »

Sciage à façon

L’entreprise valorise également des feuillus, comme le peuplier pour l’emballage ou des essences nobles en sciage à façon. Dotée d’une ligne automatisée installée dans un bâtiment de 1 200 m², elle peut travailler des grumes de 30 cm à un mètre de diamètre. « Ici, rien ne se perd », soulignent les dirigeant : les 2 500 tonnes annuelles de sciure sont revendues pour la fabrication de pellets, tandis que les plaquettes et autres coproduits trouvent des débouchés en bois énergie ou en produits dérivés (allume-feu, tuteurs). Spécificité de la SMVS, qui emploie trois salariés et un apprentis, la présence d'un atelier d'affûtage des lames de scies et des chaînes de tronçonnage.

Avec trois salariés et un apprenti, la SMVS illustre le rôle des scieries de proximité dans la structuration d’une filière bois ancrée dans les territoires. « Nous cherchons aujourd’hui à recruter et à développer de nouvelles activités, notamment le rabotage », indique Stéphane Guerre. Un enjeu qui dépasse l’entreprise : transformer localement pour mieux valoriser la ressource forestière régionale.

En quelques chiffres

La forêt en Bourgogne–Franche-Comté couvre 1,75 à 1,8 million d’hectares, soit 36 à 37 % du territoire régional (au delà de la moyenne nationale à 31 %) et la BFC est une des régions les plus boisées de France. Les essences sont réparties grosso modo en 70 % de feuillus (chêne, hêtre) et 30 % de résineux (douglas, épicéa, sapin)

La filière bois pèse économiquement, avec un tissu de 5 000 entreprises, représentant 20 à 22 000 emplois, pour un chiffre d’affaires annuel estimé entre 4 et 5 milliards d’euros...