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Machinisme agricole : AGCO se prépare à l’arrivée des constructeurs chinois

éric Hansotia : «Nous ne sous-estimons pas la valeur des concurrents chinois». Photo DR
éric Hansotia : «Nous ne sous-estimons pas la valeur des concurrents chinois». Photo DR

Présent en France avec son usine Massey Ferguson de Beauvais et sa plateforme logistique d’Amnéville, le groupe américain AGCO entend maintenir son ancrage industriel européen. Son président-directeur général, Eric Hansotia, estime par ailleurs que les fabricants chinois devraient s’implanter durablement sur le marché européen au cours de la prochaine décennie.

À l’heure où le secteur du machinisme agricole traverse une période d’incertitude, marquée par le ralentissement des investissements agricoles et l’arrivée de nouveaux concurrents, le groupe américain AGCO affiche sa volonté de consolider ses positions en Europe.

L’Europe représente aujourd’hui le premier marché du constructeur, avec environ 60 % de ses ventes mondiales. La France occupe une place particulière dans cette stratégie puisqu’elle constitue le principal débouché européen du groupe. AGCO y emploie plus de 2 000 salariés, notamment sur le site de Beauvais (Oise), où sont assemblés les tracteurs Massey Ferguson destinés au marché européen, ainsi qu’à Amnéville (Moselle), où se trouve l’un des principaux centres logistiques de pièces détachées.

Le dirigeant du groupe a également tenu à écarter les rumeurs de délocalisation partielle de l’usine de Beauvais apparues ces derniers mois. Selon lui, le site demeure au cœur de la stratégie industrielle d’AGCO, qui y a investi plus de 100 millions d’euros depuis 2018.

Les constructeurs chinois désormais pris au sérieux

L’un des principaux enseignements de cette prise de parole concerne la montée en puissance attendue des fabricants chinois. Si leur présence reste encore limitée sur le marché européen, hormis dans certains salons professionnels ou segments spécifiques, AGCO estime qu’ils pourraient s’implanter durablement en Europe dans les dix prochaines années. Pour le constructeur américain, l’enjeu ne se limite pas aux performances des machines. La disponibilité des pièces détachées, la qualité du service après-vente, la capacité d’intervention des concessionnaires ou encore les outils de diagnostic à distance constituent désormais des critères déterminants dans les décisions d’achat des agriculteurs.

Cette évolution pousse les grands groupes historiques à renforcer leurs infrastructures. AGCO poursuit notamment la modernisation de son réseau logistique européen et investit dans de nouveaux outils numériques destinés à améliorer le suivi des machines.

Autonomie et technologies embarquées

Le constructeur mise également sur le développement de l’automatisation. En Amérique du Nord, AGCO commercialise déjà des solutions permettant à certaines machines de fonctionner de manière autonome dans des situations bien définies. Parmi les applications disponibles figurent notamment le suivi automatisé d’une moissonneuse-batteuse par un tracteur équipé d’une benne à grain ou encore certains travaux du sol réalisés sans conducteur à bord.

L’objectif affiché est d’étendre progressivement ces technologies à l’ensemble des opérations culturales au cours des prochaines années. Leur déploiement en Europe dépendra toutefois du cadre réglementaire et des conditions de sécurité imposées par les autorités.

Plusieurs pistes pour remplacer le gazole

Concernant la transition énergétique, AGCO ne mise pas sur une solution unique. Selon le groupe, les tracteurs électriques devraient d’abord trouver leur place sur les faibles puissances et certains usages spécialisés. Pour les puissances intermédiaires, l’éthanol figure parmi les pistes étudiées, notamment dans les pays producteurs de biocarburants comme le Brésil. Pour les tracteurs de forte puissance, les batteries apparaissent aujourd’hui peu adaptées en raison des besoins énergétiques élevés. Les recherches portent donc principalement sur l’hydrogène et les carburants alternatifs.

En parallèle, le constructeur développe également des outils d’agriculture de précision destinés à optimiser l’utilisation des intrants. L’amélioration de l’efficacité des engrais constitue notamment l’un des axes de travail mis en avant par le groupe.

Un secteur en pleine mutation

Au-delà des annonces industrielles, cette intervention illustre les grandes tendances qui traversent actuellement le machinisme agricole : arrivée de nouveaux acteurs internationaux, automatisation croissante des matériels, développement de l’agriculture de précision et recherche de solutions alternatives au gazole. Autant d’évolutions qui devraient progressivement transformer le paysage des équipements agricoles européens au cours de la prochaine décennie.