À l’occasion des 50 ans de son exploitation, le lycée agricole a lancé le projet « Bergers d’un jour », avec une transhumance réunissant des élèves de 1ère Bac Pro. Encadrés par des professionnels, ils ont accompagné une quarantaine de brebis entre Grattery et le plateau de Chariez, en passant par Montigny-lès-Vesoul.
Très investis, les élèves ont contribué à la conduite du troupeau et à la sécurité du parcours. Cette journée, marquée aussi par un marché artisanal et la mobilisation locale, a lancé avec succès les festivités. Pour lancer les festivités du cinquantenaire de l’exploitation de Vesoul Agrocampus, une cinquantaine d’élèves de 1ère Bac Pro ont relevé un défi peu commun : conduire à pied une quarantaine de brebis de Grattery jusqu’au plateau de Chariez. Un projet collectif mené de A à Z, entre logistique, sécurité et immersion pastorale.
Le pari était audacieux ; il a été tenu jusqu’au bout. Mardi 21 avril, les élèves de 1ère Bac Pro Agroéquipements et CGEA de Vesoul Agrocampus ont chaussé les bottes de bergers le temps d’une journée, en accompagnant la transhumance d’une quarantaine de brebis entre Grattery, Montigny-lès-Vesoul et Chariez. Une opération symbolique, imaginée dans le cadre des 50 ans de l’exploitation agricole du lycée, mais aussi véritable support pédagogique conduit depuis la rentrée de septembre.
« La classe était divisée en groupes de travail : démarches administratives, communication, relations avec les communes traversées, organisation du marché artisanal… chacun avait sa mission », résume Clara Lambert, l’une des élèves impliquées. « On travaillait dessus un lundi sur deux, donc voir enfin le projet aboutir, c’était vraiment motivant. »
Le jour J, la dimension concrète a pris le relais. Encadrés par Agathe et Lucie, salariées de l’exploitation, et par Julien Morvan, berger professionnel spécialisé dans le travail au chien, les jeunes ont assuré tout au long du parcours la sécurité du convoi : fermeture des accès sensibles, surveillance des animaux, pose et repli des filets lors des pauses, gestion du public venu marcher avec le troupeau.
Une leçon grandeur nature de coordination
« Mon rôle était de coordonner le déplacement pour que tout le monde travaille ensemble sans mettre les brebis en stress », explique Julien Morvan. « Nous avions bien balisé les postes de chacun pour éviter les évasions et sécuriser les traversées. Les élèves ont été très professionnels : ils ont vite compris comment se placer, comment manipuler le filet et comment accompagner les chiens. »
Car derrière l’image bucolique de la transhumance, l’exercice exige rigueur et anticipation. « Tout le monde s’est beaucoup investi sur la sécurité du parcours », confirme Thibaut Louvet. « Il a fallu contacter les maires, prévoir les arrêtés, penser aux zones dangereuses… ce n’était pas juste une balade avec des moutons. »
Le troupeau, conduit avec l’appui de deux border collies, est arrivé sans encombre sur les hauteurs de Chariez, où l’attendaient visiteurs, riverains et exposants d’un petit marché fermier. Plus d’une centaine de marcheurs se sont joints au cortège au fil des kilomètres.
Un projet fédérateur bien au-delà du lycée
« On a eu plus de succès que prévu, avec beaucoup de randonneurs appartenant à des associations ou des clubs qui nous ont rejoints. Cela a créé une vraie convivialité », sourit Luis Gimez. Pour les enseignants comme pour l’équipe de la ferme, cette mobilisation populaire donne au projet une dimension supplémentaire : celle d’un trait d’union entre formation agricole, patrimoine rural et territoire.
Au terme des sept kilomètres, le bilan est unanimement positif. « Nous sommes bien arrivés et les brebis sont toutes en forme », constate Julien Morvan. « Surtout, les jeunes ont découvert ce qu’implique réellement la conduite d’un troupeau en mouvement : de l’observation, du calme et beaucoup de coordination. »
Une journée hors des murs qui, de l’avis de tous, aura laissé davantage qu’un simple souvenir festif : un avant-goût très concret des responsabilités du métier.



