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Sanitaire : point sur le nouveau virus bovins détecté

La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter en première intention toutes les causes plus « conventionnelles ». Crédit photo : AC
La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter en première intention toutes les causes plus « conventionnelles ». Crédit photo : AC

Un nouveau virus, proche du virus de Schmallenberg, a été identifié en France, en Suisse et en Allemagne chez des bovins atteints de fièvre et de diarrhées.

Des cas de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, abattement et baisse de production laitière ont été observés dans plusieurs départements de l’Est de la France (Doubs, Jura, Ain, deux Savoie, Isère). Dans un premier temps, la diarrhée a été rapportée comme l’élément clinique majeur et a été au centre des investigations diagnostiques. Il est apparu qu’elle était sans doute l’un des éléments cliniques d’un syndrome marqué par un épisode fébrile de courte durée (quelques jours maximum) non systématique, d’une baisse d’activité et d’une baisse temporaire mais souvent conséquente de la production laitière.

Les cas se sont multipliés ces derniers jours, rapportés par de nombreux vétérinaires dans les départements concernés. D’autres cas cliniques similaires étaient signalés en Suisse.

Sur la base des constatations épidémio-cliniques et en l’absence de détection d’agent infectieux testés en 1ère intention par les laboratoires départementaux d’analyse, des échantillons biologiques ont été adressés à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT). Ces échantillons, issus de trois élevages des Savoie (analysés sous forme de mélange), ont été soumis à un protocole d’analyse métagénomique, qui vise à identifier des séquences génétiques retrouvées dans les échantillons et à les comparer à des bases de données mondiales.

Un virus du sérogroupe Simbu

Les données issues du séquençage par métagénomique suggèrent la détection d’un orthobunyavirus du sérogroupe Simbu apparenté au virus de Schmallenberg. L’identification d’un virus similaire a été également documentée en Suisse et en Allemagne.

Les orthobunyavirus sont des virus enveloppés à ARN. Plusieurs membres du sérogroupe Simbu, notamment les virus de Schmallenberg, Shamonda et Akabane, infectent les ruminants et sont transmis principalement par des insectes du genre Culicoïdes. Chez les bovins adultes, ils peuvent provoquer un syndrome aigu généralement transitoire, associant fièvre, abattement et baisse de production. Leur principal impact sanitaire est toutefois lié aux infections survenant pendant la gestation, susceptibles d’entraîner des avortements ou des malformations congénitales.

La concordance de ces découvertes laisse craindre l’émergence d’une nouvelle maladie comme la vague de la maladie de Schmallenberg apparue dans les années 2010. Il reste cependant à préciser l’impact réel de cette maladie apparue dans un contexte très défavorable (sécheresse, canicule, …) pour la santé des animaux.

La première chose à faire en cas de suspicion dans un élevage est d’écarter en première intention toutes les causes plus « conventionnelles ». Les virus de la FCO continuent de circuler, on signale également une augmentation des cas de salmonellose dans les avortements. Les messages de vigilance concernant notamment la qualité des eaux d'abreuvement restent d'actualité.

S’appuyer sur son vétérinaire

Il faut donc s’assurer de ne pas passer à côté de ces pathologies pour lesquelles une prévention est possible, ce qui ne serait hélas pas le cas pour ce nouveau virus.

En cas de signes cliniques de ce type dans votre élevage :

  • Rapprochez-vous de votre vétérinaire : il pourra vous conseiller, déterminer la cause, et apporter les soins adaptés aux animaux malades (traitement symptomatique). RAPPEL : tout avortement doit obligatoirement être déclaré et donner lieu à l’intervention du vétérinaire sanitaire. L’État prend en charge déplacement, visite, prélèvement et analyse effectués par votre vétérinaire dans le cadre de la surveillance de la brucellose bovine. Si ce dernier est amené à faire d’autres actes ou d’autres recherches analytiques ceux-ci restent à votre charge. Dans le cadre de la caisse de « soutien au diagnostic », le GDS70 prend en charge pour ses adhérents 50% des frais d’analyses (aide de 50% versée en remboursement a posteriori).
  • Surveillez les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir. En effet, on ne peut exclure le risque sur les femelles gestantes, car une infection pendant la gestation peut, dans certaines circonstances, entraîner des avortements ou des malformations congénitales chez les veaux, agneaux ou chevreaux (de façon différée, plusieurs mois après l’infection, comme cela est décrit avec le virus Schmallenberg).