Pour la première fois dans l'histoire du Salon de l'agriculture, aucun bovin ne franchira cette année les grilles du Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris. Une décision prise sur fond de crise sanitaire par les organisateurs de l'évènement, en concertation avec Races de France. Du côté de Montbéliarde association, on s'était préparé à cette annonce. Interview de son président, Samuel Carrey.
La Terre de chez nous : C'est désormais officiel depuis mardi matin ! Pour la première fois de son histoire, il n'y aura pas de bovin au prochain Salon international de l'agriculture, porte de Versailles à Paris (21 février - 1er mars) en raison de la crise sanitaires (DNC). Pas vraiment une surprise ?
Samuel Carrey, président de Montbéliarde association : C'était effectivement une nouvelle attendue ! Si on remonte un peu dans le temps, nous avions réuni le 11 décembre les représentants nationaux des sept territoires que compte la race pour sonder leur état d'esprit sur leur participation au Salon. On a vite saisi que les éleveurs des zones blanches ne voulaient pas se mélanger avec des animaux de zone vaccinale. Je n'ai bien évidemment pas à juger la position de chacun. Mais sans consensus, il était hors de question d'imposer quoi que ce soit aux éleveurs.
La montbéliarde étant la race la plus touchée par la dermatose nodulaire bovine (DNC), notre positionnement était sans ambigüité par rapport aux autres races qui, à ce moment-là, envisageaient encore leur participation. Pour ne pas qu'il y ait d'amalgame entre notre absence et un boycott pour des raisons politiques, on avait envisagé d'emmener cinq vaches de zone blanche en représentation et d'organiser le concours de jeunes pointeurs !
TCN : Puis au fil des semaines, le positionnement des autres races a grandement évolué vers une non-participation…
S. C : Tout à fait ! On a eu une réunion de crise à Races de France où l'on a clairement senti le vent tourner. Je leur ai fait part de mon retour d'expérience pour notre race. Les collègues des autres races ont alors pris le pouls de leur base. Une race n'avait d'ailleurs pas réussi à boucler son contingent. Bref, ils se sont rendus compte que ce n'était plus tenable et ont déclaré forfait. C'était une décision unanime !
TCN : Une position qui a été remontée à Comexposium (organisateur su SIA) vendredi dernier lors d'une ultime réunion ?
S. C : Effectivement ! On leur a fait part de notre situation et état d'esprit et Comexposium a pris sa décision en responsabilité. Ils l'ont annoncé mardi matin lors d'une conférence de presse.
TCN : C'était une décision, on l'a dit attendue, mais qui quelque part tombait sous le sens de l'évidence, non ?
S. C : On ne peut pas jouer avec le sanitaire ! Il n'y a pas de sujet. Je profite de l'occasion que vous me donnez pour remercier l'ensemble des intervenants de cette crise sanitaire : les éleveurs dépeuplés bien sûr mais aussi les GDS, les vétérinaires, les services de l'Etat… On est en passe de gagner ce combat contre la DNC en appliquant la stratégie efficace qui a été mise en place.
TCN : On imagine mal la montbéliarde complètement absente au Salon !
S. C : On va conserver notre stand ! L'occasion d'échanger avec le grand public sur le sujet DNC, la race mais aussi l'agriculture en général. Je l'invite d'ailleurs à venir en nombre au Salon ! Car s'il n'y aura pas de bovin, il pourra côtoyer les moutons, les porcs ou encore nos chevaux comtois ! Sans oublier nos produits régionaux !
TCN : Le prochain rendez-vous avec la montbéliarde, c'est la Foire comtoise à Besançon le jeudi de l'Ascension ?
S. C : Votre question est légitime ! Je vous dirais qu'on n'en est encore pas là ! Même si nous avons déjà noué quelques contacts avec Micropolis. C'est encore trop prématuré !



