Le groupe Franche-Comté Elevage a tenu son assemblée générale le 27 juin dernier sur son site de Saint-Germain-les-Arlay. C’était l’occasion de montrer aux adhérents le nouvel outil de collecte et rassemblement de veaux en service depuis novembre 2024 et mis en place dans le cadre de la création de la société Sovebo avec la coopérative Bovicoop de Rhône-Alpes.
L’assemblée générale de FCE vient conclure la série des assemblées générales et clôtures comptables des différentes coopératives et sociétés rattachées au groupe. Un rendez-vous qui arrive donc tard en saison. Une centaine d’éleveurs était présents durant cette matinée, qui leur a permis de découvrir trois pôles d’activités présentés par les équipes salariées : la collecte et l’allotement des veaux sevrés dans les bâtiments récemment aménagés, la partie du centre dédiée aux chevaux et un stand consacré à la filière porcine 100% sous signes de qualité. CERFrance Alliance comtoise était également présent pour répondre aux questions sur la facturation électronique.
Les investissements passés et à venir
Le groupe Franche-Comté élevage compte près de 2 000 adhérents et a passé à ce jour le cap des 400 salariés. Son activité concerne tous les métiers de la viande. Son pôle viande affiche un résultat de 884 000 euros en 2024 pour un chiffre d’affaires de 148 millions d’euros. De bons résultats qui lui permettent de renforcer ses outils avec notamment le projet d’une chaîne d’abattage à Valdahon pour arriver à 200 porcs à l’heure. « Non pas pour augmenter la production mais pour tenir compte du volet social », indique Florent Jacquemin-Verguet, directeur du groupe Franche-Comté Elevage. En prévision de ce projet, Franche Comté Elevage envisage de créer un bâtiment pour 120 de ses collaborateurs sur le site de Valdahon pour libérer de l’espace sur la zone de transformation.
Autre investissement déjà réalisé : l’acquisition d’un site à proximité de l’abattoir de Besançon, équipé d’une unité de congélation. Pour le pôle viande, 5 millions d’euros ont été ainsi investis en 2024 et 6,3 millions le seront en 2025 et 2026.
Pour le pôle vif, les investissements 2024 sont d’un peu plus 4 millions d’euros et concernent notamment la logistique, l’aménagement de porcheries (Gilley et Le Deschaux) et d’un atelier d’engraissement (Val d’Usiers) Pour le pôle animaux vivants, les projets portent sur 750 000 euros d’investissements programmés et en cours de réalisation pour les aménagements des centres de Saint-Germain et La Chevillotte , ainsi que 1,8 million d’euros pour des aménagements de porcheries, dont l’agrandissement du site de Frasne.
« Jusqu’où ira le groupe Franche-Comté Elevage ? », interroge un adhérent. Réponse de Philippe Monnet, président de Franche-Comté Elevage : « Nous devons rester des acteurs majeurs du commerce et de la transformation de viande en Franche-Comté. Après 60 ans d’expérience notre coopérative est armée pour y parvenir. Mais même si notre organisation est bien construite et nos volumes d’activités importants, nous devons peser nos investissements et ne pas nous mettre en difficultés financières. »
« Nous ne pouvons aller plus loin dans la transformation et nous existons pour valoriser les demandes en local », complète le directeur de Franche-Comté Elevage.
Bovins maigres et engraissement
Après la présentation globale de l’activité du groupe Franche-Comté Elevage, Guilhem Brouzes, directeur du pôle vif bovins, précise la progression de l’activité bovins de boucherie : + 5,4 % en 2024. « Les besoins en animaux finis sont importants. Il nous faut aussi sécuriser nos approvisionnements en maigre. Le marché est en forte tension ». Dans ce contexte, Franche-Comté Elevage a choisi de développer l’engraissement des vaches maigres, avec un travail important pour déterminer des coûts de production, inexistants sur ce créneau spécifique. « Nous travaillons aussi sur le suivi du persillé pour valoriser les pièces nobles, avec de très bons résultats en vaches montbéliardes. » Deux autres axes sont développés pour répondre aux besoins en maigre et au marché local : la valorisation des génisses croisées, qui présentent des carcasses plus petites en rayon boucherie et également une bonne qualité de persillé, et enfin l’activité veaux sevrés, après un passage difficile dans les élevages et le centre de tri liés à la FCO. « Nous avons des éleveurs qui savent sevrer, c’est une force ! Cette activité redevient moderne, un moteur de croissance pour nos métiers ». L’objectif du groupe Franche-Comté Elevage est de développer des ateliers et des places en élevage. « Nous travaillons ce dossier économique pour appuyer les éleveurs dans la création de leur bâtiment », indique Guilhem Brouzes.
Se spécialiser dans le tri des veaux
Dans le même esprit, Régis Favier présent à l’assemblée générale en tant que président de Boviccop et de la nouvelle entité Sovebo, SAS commune avec Franche-comté Elevage, souhaite « proposer une spécialisation du métier veaux au sein de l’entreprise » pour accompagner ce développement. Concernant la création de Sovebo et l’investissement de 400 000 euros réalisé dans le centre d’allotement de Saint Germain-les-Arlay, le président va dans le même sens que son homologue jurassien : « Si nous ne l’avions pas fait, d’autres l’auraient fait à notre place ! Votre zone AOP est un vivier en animaux, une ressource stable. »
Philippe Monnet, également directeur général de Sovebo, rappelle la priorité du groupe Franche Comté Elevage à travers ses divers engagements : « Fournir les élevages de nos adhérents, créer de la valeur ajoutée mais préserver la valorisation de nos animaux en local ».
La matinée s’est conclu par une dégustation de viandes 100% locales provenant de Saint-Germain-les-Arlay (Gaec du Bois de la Charme) et du Bief-du-Fourg (EARL des Damettes).
Au cours de l’assemblée générale, les adhérents ont procédé au renouvellement du tiers sortant. Sont réélus au conseil d’administration : Benjamin Barbier, Dominique Brelot, Sylvain Clément, Stéphane Dugois, Antoine Faucogney, Laurent Schouvey et Sébastien Thiou. Nouvellement élu : Christophe Chapuis. Administrateurs stagiaires : Aurélia Cuinet et Yannick Camuset.
Le Groupe Franche-Comté Elevage
Le Groupe Franche-Comté Élevage est né du regroupement d’agriculteurs francs-comtois au sein d’une coopérative, afin de valoriser leurs productions porcines et bovines. Il regroupe 4 sociétés : la coopérative FCE / SICA La Chevillotte (négoce d’animaux vivants), la Bisontine d’Abattage et Les Éleveurs de la Chevillotte (transformation conditionnement, vente).
Son activité concerne tous les métiers de la viande bovine, porcine et ovine. D’abord la collecte et le négoce d’animaux vivants, auprès des éleveurs ou produit directement par le groupe pour pallier le manque d’animaux (60 000 porcs par an). Les animaux sont rassemblés dans les 3 centres d’allotement du groupe à La Chevillotte (25), Vellefaux (70) et Saint-Germain-les-Arlay (39). Ils sont ensuite acheminés soit vers les abattoirs du groupe (Valdahon, Besançon), soit vers des clients en vif. Au niveau des abattoirs, le groupe Franche-Comté élevage intervient en prestation pour un client, ou commercialise la viande par l’intermédiaire de sa filiale La Chevillotte sur la Franche-Comté, mais également sur Beaune, Metz et jusqu’en Alsace.



