Un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé fin août dans l’Ain, sur l’alpage du Colombier, commune de Culoz. Conséquence directe : l’extension de la zone réglementée, qui englobe désormais neuf communes du sud Jura, ainsi que plusieurs secteurs voisins de l’Ain, de l’Isère et de la Savoie.
Un premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé le 23 août dans l’Ain, sur un alpage du Grand Colombier, commune de Culoz. L’animal atteint aurait été contaminé avant sa vaccination. Dès l’annonce officielle le 24 août, la préfète de l’Ain, Chantal Mauchet, a pris des mesures immédiates : surveillance renforcée, interdiction stricte de mouvements et abattage de l’ensemble du troupeau concerné. Plus de 200 bovins seront euthanasiés dans les prochains jours.
Accompagnement psychologique et financier
Les services de l’État ont communiqué sur le fait que les éleveurs concernés seront accompagnés « humainement, psychologiquement et financièrement », en lien avec la Chambre d’agriculture. Ce nouveau cas porte à 77 le nombre de foyers détectés et à 42 celui des élevages touchés par la maladie depuis le début de l’épizootie.
La confirmation de ce nouveau foyer, situé à la frontière de l’Ain et du Jura, a pour conséquence directe l’extension de la zone réglementée. Neuf communes jurassiennes du sud (Bellecombe, Les Bouchoux, Choux, Les Moussières, La Pesse, Rogna, Thoirette-Coisia, Viry, Vulvoz) sont désormais soumises à un arrêté préfectoral fixant des mesures strictes. Premièrement l’interdiction des mouvements de bovins, sauf dérogations limitées pour l’abattage. En second lieu l’interdiction des rassemblements. Mais aussi l’obligation de vaccination rapide des cheptels (environ 2 000 bovins sont concernés) et enfin le déploiement de mesures de biosécurité renforcées, en particulier la lutte contre les insectes vecteurs.
Les exploitants dont les bovins pâturent dans ces communes, même si leur siège d’exploitation se situe ailleurs, doivent également se signaler auprès de la DDETSPP ou du GDS.
La Haute-Saône n’entre pas dans le périmètre réglementé. Pour autant, la proximité géographique et la dynamique des échanges doivent inciter les éleveurs à rester vigilants. Le GDS rappelle que la DNC, transmise par des insectes piqueurs, se manifeste par fièvre, abattement, perte d’appétit, larmoiement et nodules cutanés caractéristiques. Toute suspicion clinique justifie un appel immédiat au vétérinaire sanitaire.
Les conséquences de la maladie vont bien au-delà des symptômes : pertes de production, contraintes de déplacements, valeur marchande des animaux affectée. Si le vaccin a démontré son efficacité lors des précédentes épizooties en Europe, la clé reste dans l’anticipation et la rapidité d’application des mesures sanitaires.
Solidarité et responsabilité collective
Dans le Jura comme dans l’Ain, les mesures imposées sont lourdes pour les éleveurs. L’abattage de plus de 200 bêtes au Grand Colombier rappelle la brutalité de ce type d’évènement. Mais la réactivité des autorités et le respect des consignes sur le terrain sont justifiées, selon les autorités, pour endiguer la progression du virus.
Les éleveurs haut-saônois, même non directement concernés, sont invités à suivre de près l’évolution de la situation, à renforcer leurs pratiques de biosécurité et à rester solidaires de leurs collègues touchés. « Le professionnalisme collectif sera déterminant pour que le virus n’atteigne pas notre département », souligne le GDS, qui publie sur son site internet des informations et documents utiles pour identifier et prévenir la DNC.



