« Tout est sous contrôle », assure le ministère de l’Agriculture. Depuis son apparition le 29 juin, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a touché 77 foyers au 28 août, essentiellement en Savoie et Haute-Savoie, plus un dans l’Ain. Mais aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 22 août. Trois leviers sont actionnés : biosécurité et restrictions de mouvements, abattage des troupeaux infectés, et vaccination de masse. Déjà 1 718 bovins ont été abattus, 42 éleveurs indemnisés pour 2,4 millions d’euros. La vaccination obligatoire depuis le 18 juillet couvre près de 90 % du cheptel concerné, mais son efficacité n’est acquise qu’au bout de trois semaines.
Depuis le 22 août, aucun nouveau cas de DNC n'a été confirmé : au ministère, on se félicite de la stratégie mise en place. Il s’agit tout d’abord de mettre en place de mesures de biosécurité avec des restrictions de mouvements d’animaux pour ne pas diffuser la maladie qui se propage avec des insectes piqueurs. Il s’agit ensuite de « dépeupler » la totalité des foyers « pour tarir la source du virus ». Les éleveurs mais aussi les vétérinaires sont accompagnés par les cellules psychologiques mises en place par les chambres d’agriculture et la Mutualité sociale agricole. Au total, ce sont 1718 bovins qui ont été abattus dans 45 élevages. L’État prend à sa charge le financement de ces dépeuplements : « Au 28 août, ce sont 42 propriétaires qui ont été indemnisés pour une somme globale de 2,4 millions d’euros », indique-t-on au ministère. Enfin, troisième et dernière mesure : vacciner. Depuis sa mise en place obligatoire le 18 juillet, « on avoisine 90 % des bovins vaccinés dans la zone réglementée », indique une source proche d’Annie Genevard qui pointe « l’excellente réactivité des services vétérinaires et des exploitants ». Cependant, les effets de cette vaccination ne se révèlent tangibles qu’au bout de 21 jours. Autrement dit, le vaccin est plus efficace si un animal est sain. S’il est contaminé (sans qu’on puisse détecter la maladie) puis vacciné, il peut générer un foyer. Ce qui semble être arrivé dans l’Ain. Quant à l’effectif ciblé de la vaccination, il a été revu à la baisse passant de 310 000 à 263 000.
Un virus en mouvement
La souche française est à 99 % identique à celle détectée en Sardaigne. Des cas ont aussi été signalés en Lombardie. La Suisse, indemne pour l’heure, a renforcé sa stratégie vaccinale. Les autorités françaises, elles, s’interrogent sur le retour des troupeaux d’alpage et le devenir des veaux destinés à l’engraissement, dans un contexte de restrictions de mouvements. Les réponses sont attendues rapidement.
Dans l’Ain, un foyer a été confirmé le 23 août dans un élevage en estive au Grand Colombier. Plus de 200 bovins seront abattus. La préfecture a pris des mesures immédiates pour bloquer les mouvements et renforcer la surveillance. Les éleveurs seront accompagnés tant sur le plan financier que psychologique.



