Après presque deux semaines de répit dans la ZR4*, un nouveau foyer a été identifié sur Ecleux le 10 novembre, dans un des élevages déjà touché par la DNC. S’il n’entraîne pas de modification du zonage, ce nouveau foyer retarde le passage de la zone règlementée en zone vaccinale.
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue de frapper le Jura. Un nouveau foyer a été confirmé lundi 10 novembre à Écleux, dans un élevage déjà touché cet automne. L’exploitation concernée avait vu une partie de son troupeau euthanasiée lors du premier épisode, mais il restait une vingtaine de bovins. Le virus s’est cette fois déclaré sur un lot de sept animaux, qui ont dû être abattus. Rappelons que, conformément au protocole sanitaire en vigueur, seul le lot contaminé est désormais euthanasié, et non l’ensemble du troupeau. Cette mesure vise à limiter les pertes tout en maintenant un niveau élevé de biosécurité.
Ce nouveau cas entraîne toutefois un report du calendrier de levée des restrictions : la zone réglementée autour d’Écleux, destinée à devenir zone vaccinale, restera en vigueur au moins quarante-cinq jours après ce dernier foyer confirmé, ce qui nous emmène après Noël. « Il ne faut pas baisser la garde ! C’est à dire surveiller ses animaux, signaler à son vétérinaire tout symptôme évocateur, respecter les restrictions de mouvement et vacciner. », martèle le GDS de Bourgogne Franche-Comté, qui rappelle aussi que « dans les Pyrénées-Orientales et en Espagne, la situation n’est pas stabilisée »
Surveillance sanitaire quotidienne
Pendant les jours 21 à 28 qui suivent le dépeuplement d’un troupeau : les services vétérinaires s’emploient à une surveillance quotidienne et aucun mouvement d’animaux n’est autorisé. L’exploitation dans laquelle le foyer a été confirmé reste sous observation pendant 28 jours minimum après le dernier cas clinique. Si et seulement si aucune nouvelle suspicion n’est enregistrée, la zone de protection peut être levée. Elle passe alors en zone vaccinale, où les déplacements internes sont possibles, mais les sorties restent interdites. « La levée d’une zone ne signifie pas qu’elle est indemne », précise la direction départementale de protection des populations (DDPP). « Le virus peut subsister à bas bruit. Les restrictions d’exportation restent donc indispensables ».
La levée complète des restrictions peut intervenir après 28 jours sans nouveau cas confirmé. Cependant, la zone vaccinale n’est pas considérée comme indemne, car la circulation du virus peut persister. Les échanges de bovins issus de ces zones restent. En effet, « la vaccination a des conséquences directes sur l’exportation : selon les règles de l’UE, un arrêt des ventes de produits bovins est requis pendant 14 mois dans les zones de foyer et 8 mois hors foyer, ce qui pose un enjeu économique majeur pour les filières concernées » explique Christophe Maginot, administrateur de la FNPL en charge du sanitaire. Malgré les restrictions réglementaires à l’export, certains pays peuvent accepter des accords bilatéraux. C’est le cas notamment de l’Italie, premier client de la France pour l’exportation de bovins vifs, qui a accepté d’importer des animaux vaccinés sous certaines conditions sanitaires strictes mais réalisables. Pour les échanges avec l’Espagne, un accord reste encore à trouver.
ZR4 : quatrième zone réglementée dans le cadre de la stratégie d’éviction de la DNC, autour du village jurassien d’Ecleux. Cette zone englobe le territoire de 87 communes du sud de la Haute-Saône. A l’heure où nous bouclons cette édition, 88% des cheptels et 85% des bovins présents dans la zone réglementée ont été vaccinés.



