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Dermatose nodulaire contagieuse : la situation se stabilise dans le Nord-Est

Des éleveurs cherchent des solutions provisoires d'hébergement de leurs troupeaux bloqués en zone de surveillance DNC.
Des éleveurs cherchent des solutions provisoires d'hébergement de leurs troupeaux bloqués en zone de surveillance DNC.

Les craintes de dissémination de la DNC à partir du marché de Bourg-en-Bresse commence à se dissiper, et l'évolution de l'épidémie semble marquer une pause dans le Nord-Est, la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB) continue toutefois de progresser dans le Sud-Ouest. La vigilance reste de mise pour éviter tout portage de l’épidémie.

Depuis la semaine dernière dans le Jura, un nouveau foyer a été confirmé à Chamblay, puis un autre à Ecleux, portant à six le nombre total de foyers dans le département. Les animaux concernés ont été abattus le 24 octobre et une zone « cœur de protection » a été définie, englobant neuf communes autour d’Ecleux, Chamblay et Villers-Farlay. Les services vétérinaires rappellent qu’aucun mouvement d’animaux n’est autorisé en dehors des circuits prévus, sauf dérogation expresse, et que la circulation virale demeure active dans le secteur.

La vigilance s’applique également dans les Vosges, où une exploitation de Xertigny a été placée sous surveillance renforcée après avoir accueilli un bovin dit « cas contact » issu du marché de Bourg-en-Bresse. Par précaution, six animaux ont été abattus, et le reste du troupeau confiné pour une période de vingt-huit jours. Dans le même temps, les suspicions de cas liés au marché de Bourg-en-Bresse ont été levées et la zone de surveillance dans le Jura reste inchangée, signe d’une situation apparemment stabilisée dans le quart nord-est du pays.

Nouveaux foyers dans le Sud-Ouest

La dynamique est en revanche plus préoccupante dans le Sud-Ouest, où deux nouveaux foyers ont été confirmés le 25 octobre dans les Pyrénées-Orientales, dans le secteur de la Carança, à plus de vingt kilomètres du premier foyer détecté dans le département, ce qui a entraîné un nouveau zonage avec une extension de la zone de protection à trente communes supplémentaires.

Sur le plan réglementaire, les restrictions de mouvement restent strictes dans les zones réglementées, avec interdiction de tout transfert de bovins en dehors des dérogations autorisées par les services de la DDETSPP. Ces dérogations concernent uniquement les déplacements pour abattage ou pour des motifs de bien-être animal, à condition qu’ils fassent l’objet d’un laissez-passer sanitaire (LPS). En Haute-Saône, quatre-vingt-sept communes demeurent classées en zone de surveillance. La procédure de demande de LPS s’effectue exclusivement via la plateforme Démarches simplifiées. Les autorités insistent sur la nécessité de respecter scrupuleusement les itinéraires et les conditions de biosécurité lors des transports.

Autre point d’attention : l’arrêté ministériel du 17 octobre 2025 a instauré une zone réglementée supplémentaire (ZRS) couvrant les régions Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Ce dispositif interdit tout rassemblement à des fins d’élevage susceptible d’entraîner la dispersion d’animaux vers plusieurs exploitations. Certaines pratiques de contournement observées ces dernières semaines, consistant à organiser des ventes collectives hors zone avant répartition des bovins sur le territoire, doivent impérativement cesser : elles font courir un risque sanitaire et économique majeur à l’ensemble du cheptel national.

Recherche bâtiments libres en zone de surveillance

La vaccination, conduite par les vétérinaires sanitaires, se poursuit activement : plus de 30% du cheptel présent en zone de surveillance était vacciné 29 octobre . Les dernières doses de vaccins sont arrivées en début de semaine, ce qui permet d’achever la campagne dans les zones concernées. Les autorités rappellent toutefois qu’il est déconseillé de déplacer les animaux pour les vacciner : en cas d’apparition d’un foyer, de tels mouvements augmenteraient le nombre de têtes à euthanasier.