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Coopération : Franche-Comté Élevage, acteur majeur de l'économie agricole

L'Assemblée générale de la coopérative Franche-Comté Élevage (FCE), qui regroupe élevage, transformation et commercialisation de veaux, bovins et porcs en Franche-Comté et au-delà, s'est tenue à La Cudotte sur la commune de La Chevillotte. Là où tout a commencé, là où se dessinent les projets structurants. Près de 80 participants ont échangé sur les défis actuels : entre gestion de crise et préparation de l'avenir, FCE conjugue au quotidien urgence et modernisation.

Les aléas, les contraintes et contretemps, les collaborateurs et administrateurs de Franche-Comté élevage les franchissent, les contournent ou les affrontent. Ainsi, les participants de l'AG de la coopérative aux 2 000 adhérents, ont été reçus dans une salle tempérée pour scruter à la loupe les chiffres présentés par le directeur, Florent Jacquemin Verguet, et son adjoint Guilhem Brouzes.

2025, sommets et creux

"Il y a pile une année, la DNC était découverte sur un cheptel français" commence le directeur adjoint pour planter le décor d'une année 2025 inédite à bien des égards. La hausse des cours de toutes les viandes d'abord. "Les prix ont augmenté par rapport à l'année 2024, de 32 % pour les bovins de boucherie, 38 % pour les vaches en état, 35 % pour les vaches maigres et + 63 % sur les veaux" énumère Guilhem, responsable du pôle vif à la coopérative. Une situation qui a créé un besoin conséquent en fonds de roulement pour les engraisseurs. Pour le porc, les prix sont restés intéressants jusqu'à la fin juillet pour atteindre 1,89 € / kg. Un repli s'est alors opéré pour arriver en fin d'année à 1,42 €/kg. "Les cotations réalisées par notre coopérative sur la base de l'indice du porc IGP franc comtois, actualisé par Interporc, s'établissent à 1,80 €/kg. Les charges n'ont pas baissé, l'effet ciseau a pesé sur nos exploitations " détaille le directeur.  

La DNC et ses rebonds

Traumatisante pour les éleveurs, la dermatose nodulaire contagieuse bovine a lourdement impacté l'activité de Franche-Comté élevage. Rapidement en première ligne pour organiser le repeuplement des cheptels savoyards, avec leurs collègues de Géniatest, il a aussi fallu réorganiser le travail quotidien auprès des animaux. "L'impossibilité de bouger les animaux a démultiplié le travail de nos collaborateurs" remémore Guilhem Brouzes. 120 000 km de trajets supplémentaires, ouverture de centres temporaires en zone indemne et beaucoup, beaucoup plus de travail pour soigner tous ces animaux qui étaient bloqués. "Nous avons bénéficié du renfort d'agents de Géniatest qui ne pouvaient plus assumer leur mission quotidienne à cause des restrictions. Un coup de main bienvenu" insiste le directeur adjoint de FCE qui tempête sur l'impossibilité d'accéder aux documents sanitaires des animaux à transporter via une plateforme en ligne. "Pour moi, ça reste le gros point noir. Nos équipes ont dû analyser des centaines de dossiers papier, souvent le soir. C'est incompréhensible en 2025 ! " s'indigne le responsable – un message entendu par les représentants de l'administration et du sanitaire, présents dans la salle.

Malgré la crise sanitaire qui a mobilisé de l'énergie et qui a coûté cher, FCE a maintenu le cap sur des investissements structurants.

La coopérative en chiffres

Adhérents : 2 000 dont 1 842 pour les productions veaux et bovins, 44 pour le porc et 51 pour les équins

Salariés : 406 dont 79 femmes et 327 hommes

Viande commercialisée : 35 500 t par an

Chiffre d'affaires : 208 M€ consolidé en 2025

Porcs

Maternités : 5 (La Porcinière 70, La Porcelaine 39, Le Canal 25, Le Doux Nid 70, Le Pâquis de la Rappe 88) pour 97 150 porcelets nés et 42 760 pour FCE.

Sevrage et engraissement : 10 sites en propriété et 5 en location

Bovins

Franche-Comté veaux : sevrage, 7 élevages, 4 265 veaux sevrés

Engraissement de génisses : 19 ateliers, 2 700 têtes

Engraissement de veaux : 21 élevages, 17 000 veaux

Investissements à venir

2026 - Valdahon :

  • Traitement des abats rouges : 800 000 € (dont 250 000 € avec les entreprises locales)
  • Construction de bâtiments sociaux : 1,55 M€ (dont 600 000 € avec les entreprises locales)

2027 - Valdahon : Remodeling de la chaîne d'abattage, budget de 3,9 M€ (dont 600 000 € avec les entreprises locales)

2026 - Besançon : Projet grand export et gamme été, budget de 3,7 M€

Gros travaux à Valdahon et Besançon

Un bâtiment est sorti du sol à Valdahon avant d'entamer de gros travaux sur la chaîne d'abattage. "Nous passerons ainsi à 200 porcs transformés par heure contre 140 porcs aujourd'hui. Un nouveau process sur l'échaudage et l'épilation verra le jour" dévoile le directeur. Par ailleurs, des modules photovoltaïques seront installés pour atteindre une autonomie énergétique de 10 à 20 % du site. Du côté de Besançon, à proximité de la société bisontine d'abattage (SBA) et éleveurs de la Chevillotte, propriété de la coopérative, un ancien bâtiment acquis en 2024 sera transformé. "Nous développerons dans ce bâtiment deux activités. La première pour le grand export avec des morceaux qui ont de la valeur sur les marchés asiatiques et africains. Le second une nouvelle gamme de produits pour lisser l'activité en créant un panel de produits estivaux et des produits secs" énumère le directeur.

Philippe Monnet, président, a conclu l'AG sur une note fédératrice "L'élevage et la viande font débat dans nos sociétés occidentales, mais nourrir, c'est rassembler". Un message fort, alors que FCE prépare déjà l'avenir avec des outils modernisés et une offre diversifiée.

Ils ont dit

Florent Dornier Président de la FDSEA 25

"Je me réjouis que de tels acteurs puissent exister dans notre région. Vos outils offrent de la visibilité pour les activités des éleveurs et c'est essentiel pour des jeunes qui s'installent."

Christophe Jacquin Ancien président de FCE

"Avoir chez nous, un tel outil coopératif et qui reste indépendant, c'est remarquable. S'il peut arriver qu'il y ait des insatisfactions, on ne peut qu'imaginer qu'en posant le pied le matin, il y a déjà un nouveau problème à régler."

Marie-Paule Brand Conseillère départementale en charge de l'agriculture

"L'approvisionnement local des collèges du département se fait, pour certains, en lien avec FCE. Nous devons poursuivre ce travail car il donne de la visibilité aux éleveurs et satisfait les consommateurs."

Benoît Fabbri DDT du Doubs

"Vous avez des projets structurants à mettre sur la table. Des projets en lien avec la souveraineté alimentaire, sujet stratégique, défendu par la ministre de l'agriculture."

Jean-Philippe Bart Président de l'association nationale du cheval de trait comtois

"L'activité équine reste une petite activité de FCE. Sans vous ce serait encore plus compliqué. Nous avons la volonté de structurer la filière malgré la forte dépendance aux marchés export, pour nos Comtois c'est très important. Nous devons travailler au développement de la consommation de viande de cheval, c'est un débouché essentiel pour nous. De plus nous avons l'abattoir de Champagnole, précieux outil local."