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Tournesol : ajuster l'azote au plus près

Les besoins en azote augmentent fortement un mois après la levée : des apports en végétation, mieux synchronisés avec la plante, permettent d’optimiser la fertilisation et d’ajuster les doses selon l’état de la culture. Crédit photo : L.Jung/Terres inovia
Les besoins en azote augmentent fortement un mois après la levée : des apports en végétation, mieux synchronisés avec la plante, permettent d’optimiser la fertilisation et d’ajuster les doses selon l’état de la culture. Crédit photo : L.Jung/Terres inovia

Si la fertilisation azotée d'une culture de tournesol, en complément des fournitures du sol, se situe généralement entre 40 et 80 unités d’azote, une fertilisation mal ajustée peut toutefois pénaliser le rendement comme la teneur en huile. Dans un contexte de prix élevés des engrais, l'apport de la bonne dose d’azote représente un enjeu considérable. Deux outils sont disponibles pour cette optimisation : la méthode des bilans et Héliotest, un outil visuel simple développé par Terres Inovia.

Les besoins en azote du tournesol sont modérés, comparés à d’autres grandes cultures. Ils sont proportionnels au rendement à raison de 4,5 unités absorbées par quintal produit. Ainsi, pour un objectif de rendement de 30 q/ha, la plante mobilisera environ 135 unités d’azote. Une part importante de cet azote provient directement du sol, via la minéralisation de la matière organique, les reliquats azotés en sortie d’hiver ou encore les restitutions du précédent cultural. Un apport d’azote peut compléter les fournitures du sol si nécessaire. Attention cependant aux effets indésirables des éventuels excès allant d’une végétation trop développée, à une sensibilité accrue à la verse, voire à une baisse de la teneur en huile des graines. À l’inverse, une carence précoce limite le développement du capitule et donc le rendement final. « Deux méthodes existent pour piloter l’azote », affirme Louis-Marie Allard, expert Terres Inovia. La première méthode est celle du bilan. Elle prend en compte les reliquats au semis et l’objectif de rendement.

Méthode du bilan : reliquats au semis et objectifs de rendement





 

 

 

 

Objectif de rendement

25 q/ha
(sols superficiels) (1)

35 q/ha
(sols profonds) (2)

Reliquats d’azote au semis

Faibles
(30 uN)

40 à 80 uN (3)

80 à 100 uN (3)

Moyens
(60 uN)

moins de 40 uN (3)

40 à 80 uN (3)

Elevés
(90 uN)

0 uN

moins de 40 uN

  1. Argilo-calcaire superficiel, sol sableux, cranette…

  2. Limon, limon argileux, argile limoneuse, craie…

  3. Si la minéralisation est forte, choisir la valeur basse de la fourchette et inversement.

Un outil mis au point par Terres Inovia

La seconde méthode, appelé Héliotest, est un outil visuel simple pour estimer les besoins réels de la plante. Développé par Terres Inovia, il consiste à fertiliser une bande test témoin avec 60 unités d’azote au semis. Une différence de hauteur, de volume ou de couleur entre la bande fertilisée le reste de la parcelle indique une carence en azote. Le stade d’apparition de cette différence visuelle et l’objectif de rendement module la dose à apporter en végétation.

Différence visuelle observée à

 

Objectif de rendement

20 q/ha

30 q/ha

40 q/ha

7-8 feuilles

0 uN

40 uN

100 uN

9-10 feuilles

0 uN

20 uN

80 uN

11-12 feuilles

0 uN

0 uN

60 uN

13-14 feuilles

0 uN

0 uN

40 uN

Pas de différences avant 14 feuilles

0 uN

0 uN

0 uN

Grille de décision de la méthode Héliotest (uN : unités d’azote)

L’essentiel de l’absorption en azote a lieu entre le stade bouton et début floraison. Ainsi, les apports en végétation sont aussi bien valorisés que les apports au semis, grâce à une meilleure synchronisation avec les besoins de la plante. L’apport en végétation offre notamment la possibilité de réajuster la dose d’azote selon l’état de la culture, en particulier du peuplement. 

Limiter les risques de brûlures lors d’un apport en végétation

Afin de limiter les risques de brûlures sur le tournesol, il est recommandé de privilégier des engrais solides plutôt que liquides. Cet apport est à réaliser par temps sec, et avant l’apparition du bouton (viser 14 feuilles maximum). En cas de recours à la solution liquide, l’usage de pendillards est recommandé. 

Dans tous les cas, respecter strictement les réglementations en vigueur, en particulier les arrêtés préfectoraux en zones vulnérables.