Entre printemps sec, épisodes caniculaires et pressions sanitaires précoces, la campagne 2026 n’a pas épargné la plupart des cultures dont les protéagineux. Mais toutes les cultures n’ont pas été touchées de la même manière : pois et féveroles d’hiver ont globalement mieux résisté que leurs homologues de printemps. En cause notamment : le stade auquel les cultures ont rencontré les fortes chaleurs.
Chaque culture a un cycle différent. Par exemple, les féveroles ont un cycle plus long que les pois. Cette asynchronicité entre les cultures implique que les plantes se trouvaient à des stades différents lorsque les épisodes caniculaires se sont installés. Un décalage qui a permis à certaines cultures d’éviter les fortes chaleurs aux stades les plus sensibles, notamment les pois d’hiver, mais qui a pu être préjudiciable pour d’autres, en particulier les protéagineux de printemps.
Des épisodes climatiques exceptionnels et impactants
Les pois d’hiver ont bénéficié d’une floraison dans de bonnes conditions. L’impact de la chaleur est surtout intervenu au moment du remplissage, avec des conséquences plus limitées sur le rendement final. Pour la féverole d’hiver, en revanche, la première canicule a interrompu la floraison, avant que les fortes températures et le stress hydrique ne pénalisent également le remplissage, phase la plus importante dans la composition du rendement. Résultat : un nombre d’étages fructifères limité et un poids de mille grains amoindri.
Si les protéagineux de printemps ont globalement bénéficié de conditions d'implantation correctes, la situation a été plus contrastée dans certains secteurs. En Lorraine notamment, les pluies de février ont pu retarder les semis et pénaliser le potentiel dès le début du cycle. Le déficit de précipitations des mois suivants ainsi que les épisodes de fortes chaleurs de mai et juin, ont touché de plein fouet pois et féveroles au moment de phases déterminantes de leur cycle : lors de la floraison et du remplissage.
Des rendements très variables
« Le résultat de cette campagne marquée par des conditions climatiques exceptionnelles, est un rendement très variable selon les cultures et les secteurs », indique Paul Lefèvre, référent protéagineux pour la zone Nord & Est à Terres Inovia. Globalement, les pois d’hiver affichent les meilleurs résultats, avec des rendements corrects à bons. Les féveroles d’hiver présentent des performances très variables mais restent dans l’ensemble plutôt correctes. À l’inverse, les pois de printemps enregistrent des rendements faibles, tandis que les féveroles de printemps figurent parmi les cultures les plus pénalisées de la campagne. Ce constat général reste toutefois à nuancer selon les bassins de production, les types de sols et les conditions locales.
Le bilan de campagne protéagineux complet est disponible sur le site de Terres Inovia.
Tableau 1. Estimation des rendements à dire d'expert sur la zone Nord-Est - 2026
| Culture | Plage de rendement | Rendement moyen |
|---|---|---|
| Pois d'hiver | 25-55 q/ha |
35 q/ha |
| Féverole d’hiver | 10 – 35 q/ha | 20 q/ha |
| Pois de printemps | 10 - 30 q/ha | 21 q/ha |
| Féverole de printemps | 5 - 15 q/ha | 10 q/ha |



