La nouvelle vague de chaleur qui touche actuellement la France accentue le dessèchement des sols et fait craindre une aggravation rapide du stress hydrique dans les cultures. Selon les analyses de Régis Crépet, météorologue à La Chaîne Météo, les réserves accumulées durant l'hiver ont permis de limiter les effets de la sécheresse jusqu'à présent, mais la situation se dégrade rapidement en surface depuis le mois d'avril.
Malgré quelques épisodes pluvieux au printemps, les précipitations sont restées insuffisantes pour reconstituer durablement les réserves utiles des horizons superficiels. La canicule de fin mai, puis les fortes chaleurs actuelles, ont accéléré l'évaporation et la consommation d'eau par les cultures. Dans le même temps, les orages sont demeurés rares et très localisés.
Or les prévisions météorologiques n'annoncent pas de précipitations significatives à l'échelle nationale au cours des dix prochains jours. Une perspective préoccupante pour les cultures de printemps, y compris celles implantées dans des sols profonds. Tournesols, maïs et sojas disposent encore de réserves dans certaines parcelles, mais le cap qui s'annonce pourrait être difficile à franchir si la sécheresse se prolonge.
Les cultures d'hiver également impactées
Les cultures d'hiver commencent elles aussi à subir les conséquences du déficit hydrique. Blés et orges sont désormais engagés dans leur phase de remplissage du grain, une période particulièrement sensible au manque d'eau. Chaque journée de stress hydrique peut se traduire par une diminution du poids de mille grains (PMG), composante essentielle du rendement. Au-delà de la quantité récoltée, la qualité pourrait également être affectée, notamment à travers un moindre calibrage des grains, susceptible d'impacter la valorisation commerciale des récoltes.
Selon Régis Crépet, un cercle vicieux est désormais à l'œuvre : plus les sols s'assèchent, moins l'énergie solaire est utilisée pour évaporer l'eau et davantage elle contribue à réchauffer l'air, ce qui renforce encore les épisodes de chaleur. Dans ce contexte, les pluies des prochaines semaines seront déterminantes pour préserver le potentiel des cultures et éviter une aggravation du stress hydrique sur l'ensemble du territoire.



