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Maïs grain : La précision, plus que jamais nécessaire

Au 20 avril, environ 50% des semis de mais ont été réalisé, bénéficiant de condition météorologique exceptionnelles. Crédit photo : E.Courbet/CA70
Au 20 avril, environ 50% des semis de mais ont été réalisé, bénéficiant de condition météorologique exceptionnelles. Crédit photo : E.Courbet/CA70

Dans un contexte de flambée des engrais azotés et de prix du maïs sous pression, la campagne 2026 s’annonce particulièrement délicate. Pour les agriculteurs qui ont maintenu des surfaces, la rigueur technique sera déterminante pour limiter les pertes.

Semer du maïs grain en 2026 en espérant être rentable relève du pari sur une remontée significative des cours d’ici l’automne. Avec une unité d’azote flirtant avec 1,5 € et un maïs valorisé autour de 180 à 200 €/t (séché et rendu au port), l’équation actuelle est négative. « Avec le prix de l’azote élevé, le prix du maïs plutôt bas et un coût de production couvert à partir de 90 qx/ha, il est préférable de ne pas dépasser les 150-160 unités/ha », résume Emeric Courbet, technicien grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône.

Dans ce contexte peu porteur, la sole nationale devrait reculer de 10 à 15 %. Pourtant, sur le terrain, les semis ont bien avancé : «  Avec ces conditions météo idéales, plus de 50 % des maïs sont semés au 21 avril ». Pour ces surfaces déjà en place, l’enjeu est limpide : chaque choix technique doit sécuriser la marge, et non plus chercher le rendement maximal.

Raisonner chaque unité d’azote

Ce graphique d’Arvalis montre les variations d’écart de dose d’azote à apporter entre une parcelle conduite à l’optimum technique (où l’on vise à maximiser le rendement) et une parcelle conduite à l’optimum technico-économique (où l’on vise à maximiser la marge brute) en fonction du prix de l’azote et celui du maïs.Premier levier : la fertilisation. « Chaque unité d’azote doit être pensée comme un investissement », rappelle Arvalis. Au-delà de l’optimum, le gain de rendement devient marginal et coûteux. Dans le contexte actuel, un ajustement modéré des doses peut se justifier, sans compromettre significativement le potentiel. Mais l’essentiel reste ailleurs : affiner le calcul de la dose totale. Reliquats sortie hiver, minéralisation du sol, restitution des couverts ou des apports organiques… autant de sources d’azote à valoriser. « L’engrais le plus rentable est celui que le sol fournit gratuitement », souligne l’institut technique.

L’efficacité des apports sera également déterminante. « Il est bien sûr possible d’attendre la levée pour mettre l’azote. L’apport principal peut donc être réalisé juste avant le pic des besoins de la plante, soit vers le stade 4-5 feuilles », précise Emeric Courbet. Un positionnement qui permet aussi de mieux sécuriser l’efficience, notamment en intervenant avant une pluie pour limiter les pertes par volatilisation.

Une conduite culturale irréprochable

Dans ce contexte tendu, aucune impasse technique n’est permise. Le désherbage, en particulier, devra être irréprochable. « Oui, un risque graminées existe : les produits racinaires ont tout leur intérêt », alerte le technicien. Encore faut-il bien les positionner pour une efficience maximale, comme les engrais : « Appliquer les herbicides racinaires avant une pluie ».

En zones sensibles, notamment de captage, la stratégie doit être adaptée : «  Il faut raisonner les applications d’herbicides racinaires, voire remplacer le désherbage de prélevée par une postlevée précoce ». Cette approche permet d’ajuster le programme « en ajoutant un herbicide spécifique seulement en cas de forte présence de graminées estivales ».

Au final, l’objectif change de nature : il ne s’agit plus de « pousser » la culture, mais d’en sécuriser l’économie. Dans une campagne où les marges se jouent à quelques quintaux et à quelques unités d’azote, la technicité sera plus que jamais la meilleure alliée des producteurs.