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Filière maraîchage : les bonnes idées, ça se partage !

Démonstration d'un "rouleau traceur", qui marque dans la bande travaillée les emplacements réguliers de plantation des plantes maraîchères. Crédit photo : A.Coronel
Démonstration d'un "rouleau traceur", qui marque dans la bande travaillée les emplacements réguliers de plantation des plantes maraîchères. Crédit photo : A.Coronel

La première journée technique régionale « troque tes idées » organisée à Foucherans par la chambre régionale d’agriculture pour les maraîchers a été un succès. Un moment d’échange réconfortant pour les participants, professionnels d’une filière durement éprouvée par la sécheresse.

La ferme du Creux Vincent, à Foucherans dans le Jura, était bien animée le 24 septembre dernier. Cet établissement d’aide par le travail, qui associe production agricole et inclusion sociale, accueillait en effet une vingtaine de matériels en exposition... matériels auto-construits, modifiés (pimpés) ou détournés, mais dont le point commun est l’ingéniosité, l’efficacité et l’adaptation aux besoins particuliers des maraîchers. La journée « Troque tes idées », première du genre, a largement satisfait les participants, qu’ils soient exposants ou visiteurs professionnels des filières maraîchage, plantes aromatiques ou médicinales, horticulture ou culture des petits fruits.

Un premier atelier animé par la MSA était consacré aux matériels ergonomiques. « Chaque année nous mettons en test différents types de matériels chez des professionnels. Ces évaluations en situation de travail nous permettent d’avoir un retour documenté, sur lequel nous nous appuyons pour conseiller nos ressortissants. », expose Justine Graignic. Ainsi une sarcleuse électrique obtient une note de 4/5 justifiée par le gain de temps et d’efficacité apporté dans les tâches de désherbage et préparation des semis. « Mais le poids de l’outil et les vibrations au niveau des poignets limitent sa durée d’utilisation, qui ne peut pas dépasser 2h, 2h30. » précise la conseillère. Ce que confirme Marie Parachout, cultivatrice de petits fruits à Pagnoz.  « Je vais l’acheter, après l’avoir testée : on gagne vraiment du temps, là où il me fallait deux jours, je peux faire le travail en quelques heures... » Montant de l’investissement : 2 300 €HT. Au banc d’essai également, citons la canne à planter (qui soulage efficacement le dos), un  « ergosiège » (botacul) fixé à la taille et pratique pour la cueillette des petits fruits, les opérations de palissage et de taille... sans oublier les genouillères, pour préserver ses articulations.  « Les postures statiques de certaines tâches, comme la cueillette des fraises, peuvent être pénibles à la longue. Pour durer, il faut se préserver. » précise Jeanne-Cécile Jaulmes, conseillère prévention à la MSA.

L’atelier paysan et son essaim du Doubs

Un second rendez-vous permettait de découvrir le concept de l’Atelier Paysan, né dans le Dauphiné d’une idée généreuse, celle de partager librement les plans de matériels conçus par des agriculteurs. L’approche militante d’une quête d’autonomie, par la réappropriation de savoir-faire en matière de conception, réalisation, entretien d’outils et machines fédère un collectif qui s’est enrichi et étoffé au fil des ans.  « Nous avons mis en place un calendrier de formations à la métallurgie, à la soudure, au travail du bois... » relate Florice Lepez, animatrice de l’essaim récemment créé à Etalans dans le Doubs, de l’Atelier Paysan (Soudons fermes !). « Quand un prototype de matériel est mis au point par un membre du réseau, il est ensuite testé sur le terrain et ce sont les retours des utilisateurs qui permettent d’apporter des améliorations, à le fiabiliser complètement en termes de fonctionnement et de sécurité, jusqu’à arriver à quelque chose bien au point. » Ainsi, une des premières réalisations de l’essaim du Doubs a été la mise au point d’une table de triage de laine des moutons.

Le concours des meilleures astuces

A l’issue de cette journée d’exposition, ponctuée de démonstrations en conditions réelles de plusieurs outils, les lauréats du concours ont été distingués et récompensés par François Lavrut, vice-président de la Chambre d’agriculture du Jura et Président du Comité d’orientation régional Territoire et environnement. Pierre Cluzel du Jardin de Villarnoux a remporté le prix du jury pour ses « cannes à planter » et son « semoir pieuvre », tandis que Thierry Damery, du Jardin de Beauregard remportait le prix du public avec son chariot électrique, qui améliore très efficacement les opérations de repiquage des légumes de plein champ.

Cet outil permet d’automatiser le semis de plaques entières, et s’avère très pratique pour les petites graines (persil, tomate, aubergines...). Crédit photo : A.Coronel
L’Atelier Paysan accompagne les agriculteurs et agricultrices dans la conception et la construction de machines et de bâtiments, avec l’autonomie comme fer de lance. Crédit photo : A.Coronel
Ce chariot mu par deux moteurs de fauteuil roulant facilite les tâches de repiquage des mottes, puisqu’il permet de travailler en position assise en limitant les contraintes pour le dos. Crédit photo : A.Coronel
Cet outil de travail superficiel bricolé maison associe une ou trois pattes d’oies avec une petite roue... bien pratique pour biner et butter l’inter-rang des cultures maraîchères, sous serre ou en plein champ. Crédit photo : A.Coronel