La cameline attire de plus en plus d’agriculteurs en quête de diversification. En dérobé estival, cette crucifère trouve facilement sa place entre une culture récoltée précocement et une culture d’hiver grâce à son cycle court de 90 à 100 jours.
Avec une bonne tolérance aux stress estivaux et des débouchés en plein développement — notamment dans les biocarburants durables — la cameline coche de nombreuses cases. Mais attention : si la culture paraît simple sur le papier, sa réussite repose avant tout sur la qualité de l’implantation.
Le maître-mot : semer le plus tôt possible
Pour la cameline conduite en dérobé estival, chaque jour compte. Plus le semis est précoce, plus les chances de réussite augmentent.
L’objectif est d’assurer le plus rapidement possible une levée homogène et dynamique afin de sécuriser un cycle suffisamment court pour permettre une récolte précoce, sans pénaliser l’implantation de la culture suivante. Par exemple, pour une levée le 8 juillet, la cameline arrive à maturité avant le 20 octobre sur l’ensemble du territoire, tandis qu’une levée au 15 juillet repousse la maturité au-delà du 20 octobre sur une grande partie de la moitié nord de la France - source Terres Inovia (maturité atteinte à 1700°C/jour en base 0).
Pour maximiser les chances de levée précoce, il est crucial de choisir un précédent récolté tôt permettant d’implanter la cameline entre le 20 juin et le 10 juillet (date limite à ne pas dépasser). Les précédents les plus adaptés vont être le pois d’hiver ou l’orge d’hiver, mais d’autres cultures récoltées précocement peuvent également convenir comme le blé dur d’hiver, le pois de conserve, l’ail, l’oignon…
Le semis doit être réalisé le plus proche possible après la récolte du précédent, idéalement dans les vingt-quatre heures suivantes, pour profiter de l’humidité du sol encore présente. En conditions sèches, le semis direct au semoir à dents à une profondeur de 2 cm limite l’assèchement du lit de semence. En conditions humides, un déchaumage superficiel avant le semis, permettant l’obtention d’un bon lit de semence, peut être envisagé. Le passage du rouleau constitue un levier majeur pour améliorer le contact sol-graine mais celui-ci ne doit pas être réalisé dans les situations avec un risque de battance. Le semis à la volée est à proscrire.
En précédent orge, il est important de laisser les chaumes le plus haut possible à la récolte (entre 25 et 30 cm) en retirant si possible les pailles. Si les pailles du précédent sont restituées, les broyer et les répartir de manière homogène sur l’horizon travaillé afin d’éviter la présence de mulch de paille trop épais qui pénalise la levée.
Viser 200 plantes/m²
Il est conseillé de semer à 8 kg/ha, avec un faible écartement compris entre 12,5 et 15 cm idéalement, pour viser un peuplement d’environ 200 plantes/m². La vitesse d’avancement du semoir conseillée est de 4 à 6 km/h pour assurer la régularité du peuplement. Quand l’irrigation est possible et en absence de précipitations, apporter 10 à 20 mm juste après le semis pour assurer une levée rapide.
Attention aux herbicides de la culture précédente
La cameline est sensible à la rémanence de plusieurs herbicides appliqués sur la culture précédente. C’est un point de vigilance à ne pas sous-estimer.
Parmi les matières actives à surveiller figurent notamment l’imazamox, l’aclonifène, le chlorsulfuron ou encore le pyroxulame. Retrouver l’ensemble des informations nécessaires sur ce sujet dans le guide de culture 2026 de la cameline, édité par Terres Inovia.
Une fertilisation azotée à raisonner selon le précédent
La gestion de la fertilisation azotée dépend fortement du précédent cultural. Après une céréale un apport de 40 unités d’azote par hectare au semis est indispensable. En revanche, après un pois, les reliquats azotés et la dégradation des résidus suffisent généralement à couvrir les besoins de la cameline.
Aucun apport d’engrais de fond n’est nécessaire.



